Le Maître du Nil

Le Maître du Nil, Philippe Ward (éd. Rivière Blanche)

On doit la superbe illustration de couverture à Xavier Collette dont nous avions partagé la campagne Ulule

An 386 de l’Hégire.

Le Calife al-Haziz se meurt. Son fils al-Hakim prend sa succession avec la promesse de perpétuer la lignée des Fatimides. Il devra consolider son pouvoir, et le défendre à tout prix. Cette tâche s’annonce périlleuse, telle une route sinueuse semée de chausse-trapes et d’embûches : déjà, face à lui, des complots se profilent. Des intrigues retorses sont tissées par des rivaux qui n’ont pas attendu la fin de l’agonie du souverain pour lorgner sur le trône. Mais une chose est sûre, le nouveau calife est appelé à une destinée unique.

Sitt épaule son frère cadet de son mieux. Et le calife peut aussi compter sur l’aide d’un autre allié, et pas des moindres : un Djinn à l’essence millénaire qui a juré fidélité aux Fatimides.

Sa puissance est incommensurable aux yeux des mortels, et sa ruse et son intelligence stratégique ne sont pas en restes. Mais le djinn est aussi aux prises avec ses propres démons qu’il devra conjurer afin d’accomplir son but ultime. Une lutte sans merci l’oppose à son frère.

Les rivalités s’entremêlent sur un échiquier politique complexe où les puissants ne sont pas les seuls à tirer les ficelles. Les dieux et les monstres sont aussi présents sur la lice, offrant un bestiaire et un panthéon que j’aime voir mis en scène.

De la fantasy historique comme je l’aime

Nous avons affaire à un récit de fantasy historique fort bien rythmé où les phases nerveuses de combats sans pitié succèdent aux intrigues de cour et aux révolutions de palais. Si l’orient dépeint dans le livre de Philippe Ward est bel et bien fantasmé, ou plutôt fantasmagorique, on perçoit une documentation abondante et solide effectuée en amont pour tout ce qui concerne les mythes, les traditions et l’histoire de cette région du groupe (et vous le savez maintenant, les livres bien documentés, c’est ce qui fait battre mon petit cœur de livrovore). Mais amoureux de l’action, vous serez également comblés par le Maître du Nil, car le danger rôde et il peut surgir partout, dans les couloirs du palais du calife, les ruelles d’al-Qahira ou les étendues désertiques.

Le calife fou

Il faut ici signaler la finesse et la complexité du portrait brossé tout au long du livre, celui d’un homme dont les multiples facettes constituent un miroir brisé. Al-Hakim est tout en contrastes saisissants. C’est une caractéristique qui m’a particulièrement séduite. Les réactions du calife sont tout bonnement impossibles à prévoir. L’auteur parvient à créer un sentiment d’instabilité quasiment tangible qui plonge le lecteur dans un état de tension permanente. D’une page à l’autre (et parfois même d’une ligne à l’autre), l’attitude du calife, sa psyché même, semble constamment bouleversée.

« Sanguinaire », « cruel », « dément », « fanatique » : ce sont autant de termes qui pourraient convenir pour qualifier al-Hakim. Mais il lui arrive aussi de se montrer généreux, humble et affable. Al-Hakim est tout cela à la fois. N’est-il pas finalement à l’instar du khamsin, insaisissable, brûlant et inconstant ? Ce sera à vous de vous faire votre opinion… mais il n’est pas garanti que vous y parviendrez !

La sortie est prévue pour octobre 2019 aux éditions Rivière Blanche !

Orion


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