« Diseur de mots », premier volet du dyptique La lyre et le glaive de Christian Léourier

La lyre et le glaive, vol. 1, Diseur de mots, Christian Léourier (éd. Critic)

Durant votre parcours de lecteur, vous rencontrez plusieurs types de lecture. Il y a ceux qui vous paraissent anodins mais qui changent votre vie en profondeur, ceux qui à peine fermés deviennent flous dans votre mémoire, mais qui ont été un excellent expédient au plaisir de lecture. Et puis, il y a ceux qui, dès les premières lignes, vous frappent d’un sort et vous gardent captifs. Diseur de motsfait partie de cette catégorie.

Allez, j’annonce haut et fort la couleur : pour moi, il y a un avant et un après Diseur de mots. Ce roman est une gifle qui m’a laissé sonnée lorsque la fin est venue, beaucoup trop tôt à mon goût (mais il faut bien que cela se finisse, hélas).

La première partie de ce dyptique, parue il y a quelques jours aux éditions Critic, m’a dès les premières minutes charmée. Avec cette superbe illustration de couverture de Jean-Baptiste Hostache, ça m’a fait l’effet d’un chant de sirène. Trop fort pour y échapper. J’ai donc plongé dans ses eaux tumultueuses, à corps perdu.

Diseur de mots, sans vous spoiler l’intrigue, c’est l’histoire d’un dirigeant qui veut asservir le peuple voisin. C’est aussi l’histoire de quelques personnes errantes, dont Kelt, diseur de mots de son état. Il n’est pas sorcier, il n’est pas rebouteux, non, rien de tout cela. C’est juste un homme hanté qui cherche à rejoindre les forêts d’Urskogar et qui doit prendre garde à ses paroles. Car parfois la Vérité se fraie un chemin à l’intérieur de lui et des mots sortent de sa bouche, gorgés d’autorité à tel point que le reste paraît bien pâle. Ses paroles inéluctables balaient tout sur leur passage, la vanité des hommes comme les monuments érigés aux divinités. La vie des hommes, à peine plus lourde qu’un fétu de paille, et ne valant pas plus qu’une breloque sur l’étal d’un camelot, tout ça la Vérité s’en moque car elle se contente juste d’énoncer ce qui doit être dit et peu importe qu’elle efface les petits et les grands dans le même creuset qu’est la vie. La Visiteuse aura bien du travail suite au passage du diseur de mots.

En plus d’une intrigue menée tambour battant, la galerie de personnages que nous concocte Christian Léourier, traitée avec une justesse confondante, n’a rien à envier à Kelt qui est pourtant un personnage marquant l’esprit. Je vous laisse le soin de découvrir qui ils sont, sachez seulement qu’ils sont entiers, calculateurs, ambitieux, sauvages, ou tout simplement efficaces…

Vous ne connaissez pas encore le verbe de Christian Léourier ? Alors qu’attendez-vous, foncez !

Plus sérieusement, il faut lire cet écrivain français discret mais dont la plume vaut son pesant d’or et dont on ne parle pas assez à mon goût. Son talent doit être jalousement gardé par quelques uns pour qu’on le conserve ainsi, comme quelque trésor caché dans la caverne d’un dragon.

J’ai adoré la qualité de la plume de Christian Léourier. Il nous emmène en balade (et ça n’a rien d’une promenade de santé je vous l’assure !) par-delà les hauteurs, dans les plaines, auprès des fleuves. Je suis sonnée tant les mots trouvent une résonnance si forte, si juste en moi, par la majesté des lieux avec une personnalité qui leur est propre, comme un personnage. On ressent la sagesse profonde et ancienne acquise par certains lieux, enracinée autour de blocs de pierre, ou nageant dans les eaux plus ou moins profondes. Un soupçon de magnétisme s’est glissé dans les mots de ce monsieur, et c’est pourquoi je vous enjoins, chers lecteurs et chères lectrices, d’aller courir dans la librairie de votre choix et de vous procurer un exemplaire de cette perle de fantasy. 

J’attends la suite de ce dyptique avec une impatience fiévreuse, vous pouvez me croire, mais vous devez aussi savoir que l’on devra patienter pour l’avoir, et ce n’est pas facile à accepter !

Je n’ai plus qu’une chose à dire : chapeau bas monsieur Léourier, cette histoire est menée avec brio et génie !

Saraï


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